Au-delà de l’acceptabilité sociale

Pubié le 26 mars 2014   Par François Pilote   Catégories : Non classé, Acceptabilité sociale

Une dizaine de jours avant le scrutin du 16 juillet 1952, le chef libéral Georges-Émile Lapalme pourfendait le premier ministre sortant au sujet de la braderie des ressources naturelles du Québec au profit du grand capital américain. « La pièce de 5 sous que l’on donne aux enfants pour s’acheter un cornet de crème glacée, disait-il, suffit aux capitalistes étrangers favorisés par M. Duplessis pour obtenir 5 tonnes de notre minerai de fer ».

Cette formule-choc illustre bien la profondeur de l’attachement que les Québécois manifestent depuis fort longtemps à leurs ressources naturelles et qui n’a cessé de se consolider à travers des étapes marquantes qui ont acquis une valeur symbolique. Pensons entre autres à la création d’Hydro-Québec et au développement hydroélectrique du nord du Québec.

Ce n’est pas un hasard si les régions considèrent l’État québécois comme le fiduciaire de leurs « richesses naturelles » et que les citoyens interpellent le gouvernement lorsque des projets d’exploration ou d’exploitation surgissent dans le décor. Pas plus tard que l’an dernier, dans une étude intitulée Le Québec et ses ressources naturelles : Comment en tirer le meilleur parti, M. Yvan Allaire rappelait que « les ressources minières appartiennent aux citoyens qui comptent sur leur gouvernement pour en tirer le meilleur parti dans leur intérêt ».

Ce constat s’inscrit dans la progression, à l’échelle internationale, du concept de permis d’exploitation social (social licence to operate) en vertu duquel l’extraction de ressources est tributaire d’un niveau d’appui local en adéquation avec la perception que la collectivité concernée a de la responsabilité sociale de l’entreprise exploitante.

Si les projets de développement ont été acceptés presque d’emblée à une certaine époque obsédée par la nécessité d’un rattrapage économique accéléré, les choses ont changé à compter de la décennie 1970. C’est en effet à cette époque que les coûts non comptabilisés ont été pris en compte dans l’évaluation des projets, et que la recherche de l’équilibre avantages – inconvénients est devenue une préoccupation majeure.

En sonnant le glas d’un développement libre et souvent aveugle, l’approbation des projets s’est métamorphosée. De quasi automatique, elle est devenue conditionnelle alors que les acteurs économiques ont été placés devant l’obligation de démontrer la prépondérance des avantages sur les inconvénients, le fardeau de cette preuve n’incombant plus aux opposants.

Par la suite, et plus particulièrement avec l’apparition du phénomène d’acceptabilité sociale, cette mutation s’est accentuée de sorte que ce sont les fondements mêmes des projets, c’est-à-dire leur raison d’être, et non plus leurs conditions de réalisation, qui ont été au cœur des débats sur leur pertinence.

La confusion qui perdure entre les termes « acceptabilité » et « acceptation » a accentué cette transition et provoqué un déplacement que les experts, dans leur jargon, qualifient de « changement de paradigme ». De fait, l’analyse coûts – bénéfices des projets de développement et la réflexion sur les façons de les rendre acceptables (par exemple en mitigeant les risques ou les impacts négatifs) ont cédé le pas à une opposition systématique au développement, quel qu’il soit et où qu’il soit.

En pratique, les débats entourant ces projets sont devenus bien plus politiques qu’économiques, avec tous les risques de dérive que comportent des débats sur un terrain où le très court terme et les considérations égocentriques l’emportent très souvent sur le moyen et long terme ainsi que sur l’intérêt général. Malheureusement, ce glissement impacte sur les conditions qui s’avèrent indispensables aux investissements durables associés au développement du même type, et que résume par la formule « transparence, longévité, certitude » M. Richard Garneau, président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu, société cliente de Groupe GVM.

Les acteurs économiques n’ont donc d’autre choix que de travailler en amont et d’intégrer la consultation préalable à la conception de leurs projets de développement. C’est le sens du message que livrait, en février 2011, le président du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), dans une communication intitulée « Implantation de projets et consultation préalable : susciter le succès par les relations avec les communautés d’accueil » devant l’Association québécoise de la production d’énergie renouvelable (AQPER). Selon Me Pierre Renaud, « la meilleure façon de résoudre un conflit est de chercher à le prévenir » de sorte qu’« il est préférable de consulter les citoyens dès le début de l’élaboration d’un projet » et surtout, « d’intégrer le développement durable au cœur des activités de l’entreprise ».

Dans un contexte où les projets de développement servent systématiquement de prétextes pour provoquer des débats de société, cela ne suffit plus. Aujourd’hui, il faut aller au-delà du phénomène de l’acceptabilité sociale et affirmer une véritable capacité d’intégration sociétale qui consiste notamment à inclure les parties prenantes et le développement durable dans les processus et les pratiques, voire dans la culture organisationnelle.

Depuis un bon moment déjà, l’équipe GVM développe et éprouve le concept d’intégration sociétale sur le terrain. Elle est la seule à posséder l’expertise nécessaire pour mettre cette approche unique au service des entreprises et des organisations soucieuses de relever efficacement les défis les plus complexes dans le contexte du développement durable. Besoin d’être conseillé ? Faites confiance à notre expertise.






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