La fin des croisades

Pubié le 2 June 2014   Par Stéphane Perrault   Catégories : Non classé, Gestion de la réputation, Acceptabilité sociale

Les croisades? Oui, ces guerres médiévales menées par la papauté contre certaines religions ou croyances et qui devaient procurer des indulgences aux braves chevaliers qui les livraient.

Pourquoi en parler aujourd’hui? Parce qu’il faut croire que les choses n’ont guère changé, car les guerres de religion font toujours rage. Certaines sont menées comme dans les temps anciens, tandis que d’autres le sont sous des formes adaptées aux nouvelles causes des belligérants. C’est notamment le cas de la défense de l’environnement.

Au Québec, le cas le plus classique – mais toujours d’actualité – est celui qui oppose, depuis déjà un bon moment, les écologistes aux tenants du développement des ressources naturelles avec, en trame de fond, une joute d’ordre philosophique : « L’Homme doit-il exploiter les ressources naturelles ou renoncer à toute forme d’utilisation? » Des luttes épiques se déroulent principalement entre les écocentriques et les anthropocentriques tels que définis par la professeure Nicole Huybens de la Chaire en éco–conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Et ces affrontements donnent lieu à des échanges musclés sur des scénarios apocalyptiques.

Convenons que, dans un monde où les citoyens sont sollicités plusieurs fois par jour par de nombreux moyens de communication (journaux, télévision, radio, Internet) et au sein duquel le volume d’informations disponibles est sans précédent, il est plus facile d’exacerber les messages (que ce soit par leurs contenus ou par leur traitement) afin d’élargir leur diffusion et d’en maximiser les impacts.

Tout le monde se souvient de la vidéo diffusée par les opposants au développement du gaz de shale et montrant des images d’un individu qui enflamme un filet d’eau potable coulant d’un robinet. Ce type de traitement est très efficace, car en une seule et simple image, il traduit toute la peur de l’inconnu en prenant appui sur une situation qui défie a priori toute logique. La personne qui visionne cette séquence montrant de l’eau qui prend en feu conclut tout de suite qu’il y a quelque chose d’insensé dans l’exploitation du gaz de shale.

Dans d’autres situations, ce sont des mots ou des expressions qui exacerbent les positions. L’expression « l’Axe du mal » de l’ancien président américain Georges Bush, ou encore la surutilisation du mot « guerre » qui a conduit à la banalisation de ce terme, en sont des exemples concrets.

Dramatiser pour attirer l’attention du public n’est pas exclusif aux affaires, à la politique ou à la publicité. Cette pratique est monnaie courante dans notre vie de tous les jours. Elle est un peu plus subtile, mais nous l’acceptons d’autant mieux que nous l’adoptons. L’exemple des émissions télévisuelles les plus populaires, notamment les téléromans, est d’ailleurs très révélateur de ce phénomène. Celui-ci n’est guère surprenant dans la mesure où tout est banalisé de sorte qu’il est maintenant « normal » d’être exposé à des situations mettant notamment en scène des individus qui disjonctent.

Il n’est pas exagéré de croire que les personnages des célèbres séries de Lise Payette passeraient aujourd’hui pour des anges. Pensons à l’ineffable Jean-Paul Belleau, interprété magnifiquement par Gilbert Sicotte. Le même niveau d’intensité émotionnelle est exploité dans des téléréalités comme Star Académie ou La Voix qui nous plongent dans l’intimité de gens « ordinaires » appelés à pour la réalisation – ou l’anéantissement – de leurs rêves les plus chers. Nous carburons maintenant aux émotions fortes, et ce, à un point tel que tout ce qui n’en fait pas ressentir est perçu comme insipide.

Ces pulsions extrêmes motivent même nos choix alimentaires. Nous consommons davantage de tout, des grignotines aux repas rapides en passant par les « ailes de poulet 911 ». Et si, par malheur, ce n’est pas « ultra- », « hyper- » ou « décadent », c’est ipso facto commun, terne, monotone et sans saveur. Nous voici en plein règne de la maxime death is in the middle que tout bon stratège de marketing se doit de connaître s’il ne veut pas frapper le mur de l’indifférence des consommateurs.

En plus d’engendrer une radicalisation des opinions et la prolifération de dogmes, cette façon de voir et de faire contamine le climat qui n’est plus du tout propice aux rapprochements et qui tue toute possibilité d’établir ou de maintenir des dialogues lucides et tempérés sans lesquels aucun consensus n’est envisageable. Or, c’est précisément ce genre de terrain d’entente que sont tenus de trouver les promoteurs de projets assujettis à une obligation d’acceptabilité sociale. Dans un tel contexte, il ne faut guère se surprendre que des projets a priori porteurs finissent par être jetés aux oubliettes.

Mais quoi faire alors pour contourner cet obstacle majeur? Comment s’y prendre pour amorcer les échanges les plus objectifs, les plus respectueux et les plus fructueux possible afin d’atteindre l’équilibre indispensable auquel aspirent les pragmatiques, c’est-à-dire ceux qui refusent de suivre les doctrinaires radicaux et activistes?

Parmi sa panoplie d’expertises, Groupe GVM peut mettre en place des stratégie numériques qui permettent de partager en ligne des contenus rigoureux et crédibles dans une perspective de dialogue respectueux et constructif avec des détenteurs d’enjeux (stakeholders). Grâce à cette approche qui a fait ses preuves, il est possible de bâtir graduellement une communauté inspirée, crédible et concernée, et de trouver des solutions acceptables même aux problèmes les plus complexes.

Faites comme nos clients utilisateurs qui parviennent à fédérer des acteurs clés et des influenceurs autour de consensus d’autant plus solides qu’ils sont basés sur des faits et non pas sur de fausses perceptions. Autrement dit, donnez-vous les moyens d’éviter des croisades interminables, stériles et ruineuses.






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